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Le festival 2016

Après le point d’orgue du 30ème anniversaire très heureusement partagé avec le Grand Théâtre de Lorient et le Festival Interceltique, que nous remercions encore, nous voilà de retour à notre source guidéloise.
Moins grandiose sans doute, ce Festival 2016 n’en demeure néanmoins pas moins brillant dans sa programmation.

Alors que le temps de l’Etre s’accélère et que les événements nous pressent, troublant les cœurs et égarant parfois les esprits, il est plus que jamais nécessaire de pouvoir créer les circonstances favorables à l’ouverture des consciences et à l’apaisement des âmes. La Fondation Polignac y participe en Bretagne, entre autres en partageant une grande musique interprétée avec simplicité et authenticité par les grands artistes de notre temps.

La musique comme la danse sont, semble-t-il, les expressions les plus symboliques d’une exigence spécifique de la nature humaine à sans cesse chercher à allier le ciel et la terre, l’immatériel et le matériel, l’invisible et le visible. Aujourd’hui encore, tendons-nous ainsi à devenir toujours un peu plus humains au cœur même d’un siècle déshumanisé par une technique abusive.

Maître Eckart, mystique allemand du XIIIème siècle écrivait :
« L’œuvre et le temps ont beau être passés, l’esprit dans lequel les œuvres ont été opérées continue de vivre. »

C’est pourquoi notre corps comme notre intelligence perceptive une fois mis au service de la beauté et de la vérité, nous permettent aussi, et surtout, de re-créer sans cesse « l’âme du monde ».
Celle-là même dont notre orgueilleux intellect essaye de nier le rythme profond.
Celle-là même dont le Féminin Sacré pleure, en douleur d’enfantement de cette apocalypse, cette bonne nouvelle, ce nouveau monde, celui que nous souhaitons ou que nous craignons tant, sans bien comprendre encore à quel point cependant l’humanité en est aujourd’hui l’essentiel chef d’orchestre.

Ainsi, dès le 15 Juillet nous sommes invités au cours de ces soirées à, d’emblée, nous laisser habiter par cet écho d’immortalité qui enchante les jardins des Hespérides, amplifié ensuite par les accords harmonieux d’une déesse aux bras multiples et de ses talents.
Puis, délicatement portés sur l’écume d’une résonance baroque reliant Venise à Naples, nous rejoindrons ce lieu mystérieux du sacré où « cela se crée », pour entrevoir en fin avec délice et frisson cette parcelle innommable d’absolu dont seule la musique de cœur détient les secrets.

J’espère donc vous retrouver toutes et tous dans cette joie profonde et sereine qu’évoque déjà ce Festival Polignac 2016, et vous remercie chacune et chacun d’être là, par votre présence comme par toutes vos diverses et précieuses participations respectives, qu’elles soient du premier ou du dernier jour.

Bonnes soirées.

Princesse C. de Polignac
Présidente